Ce n'est pas un récit "facile". Non que le style soit alambiqué, au contraire c'est écrit dans une certaine simplicité lucide, mais bien à cause de cette forme de redondance cyclique, sorte de spirale infernale et étouffante dans laquelle l'histoire, et le narrateur, nous entraîne.
C'est franchement pas un livre à lire si vous avez pas le moral, si vous vivez une histoire d'amour "contrariée"...
Parce que ça "parle" tout ce qui se dit là-dedans, et à tous âges et pour tous sexe. Cette sorte de Passion Incontrôlable qui fait qu'on déteste l'Autre mais qu'on ne peut s'empêcher de le/la chercher du regard, même si cette vision, on le sait nous fera encore plus de mal. JE trouve qu'on sent vraiment cet état totalement obsessionnel de l'amour non partagé.
Je me suis reconnue dans ces lignes, des comportements, des idées, des colères, des doutes. A un moment, je me serais certainement dit que "tout ça" c'était un truc d'ado (vous savez quand on est limite à vouloir serrer si fort entre ses doigts la personne aimée qu'on pourrait l'étrangler, juste parce que ce jour-là elle n'a pas daigné vous sourire un bonjour...), mais non, ce n'est pas qu'un truc d'ado.
j'ai préféré la "troisième" partie. Celle après les poèmes. Quand tout s'effondre, quand on frôle la folie.
Parce que dans la première (la rencontre, justement, les moments où "tout va bien"), je l'ai trouvé trop... succinte. Une sorte de pudeur à dire les moments intimes ? Une impossibilité à décrire "profondément" le bonheur ? ça m'a un peu manqué des détails sur leur relation, des vrais moments.
Les poèmes ne m'ont pas tous autant plu, mais certains ont vraiment "fait mouche", et puis c'est vraiment très bien de retrouver en cette forme concise et poétique, tout ce qu'on lit de forme plus "classique".
(A un moment je me suis dit que j'aurais peut être préféré que les poèmes soient glissés tout au long du récit, et non un peu "mis à part"... mais je ne suis pas sûre. l'effet de ce "détachement" est assez parlant)
Une lecture vraiment captivante en tout cas, mais il ne faut pas avoir peur d'un récit cyclique, qui tourne sur lui-même comme les délires monomaniaques du narrateur.
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