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[Le berceau des dominations | Dorothée Dussy]
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Posté: Aujourd'hui, à 3:49
MessageSujet du message: [Le berceau des dominations | Dorothée Dussy]
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La lecture d'un ouvrage de référence si souvent cité comme une somme incontournable, de surcroît réédité presque dix ans après sa première parution (2013), dans un contexte qui connaît désormais une effervescence intellectuelle autour de sa thématique qui était tout à fait absente au départ, réédité surtout après que son édition d'origine a été longtemps épuisée, provoque à la fois des attentes excessives et la confusion de ne plus bien savoir lesquelles de ses conclusions étaient novatrices et lesquelles sont entrées dans le paradigme admis grâce aux multiples reprises. Était-ce la découverte propre de l'autrice que de nier la dimension sentimentale dans l'inceste adelphique ? Que de formuler la première la notion de « viol d'aubaine » ? De déconstruire la mythe de la pulsion érotique incontrôlable et de dénoncer l'approche psycho-médicale de l'inceste à la fois sous un prisme féministe et comme une circonstance atténuante dans le cadre judiciaire ? De révéler la fréquence de la répétition transgénérationnelle de la situation incestueuse au sein des familles concernées ? Plus généralement de dénoncer un ordonnancement du droit forgé sur une vision masculiniste d'une sexualité de possession légitime du corps de l'autre, dès lors qu'il est « disponible » ? Et encore plus généralement de poser un « système de l'inceste » fondé sur l'impératif du silence, qui étend la responsabilité éthique au-delà de la personne de l'incesteur, à la famille et à la société tout entière ?
Son sous-titre, « Anthropologie de l'inceste », sans même la modestie d'un article indéterminé, amplifie la mesure de l'ambition d'un travail sociologique qui pouvait alors se valoir d'un support théorique restreint tout en devant faire face à la déconstruction gigantesque d'un appareil théorique qui ne savait encore faire la différence entre l'« interdit de l'inceste » et la pratique empiriquement constatée mais systémiquement impensable de l'inceste lui-même, et encore moins n'en avait découvert l'enchaînement réciproque. Peut-être voici précisément le point le plus crucial de la démonstration : la pratique est rendue possible par la règle de sa dénégation, à travers un « système » fondé sur l'impensable. La conclusion est également remarquable, dans la mesure où l'on parvient au renversement du célèbre théorème de Lévi-Strauss concernant l'interdit de l'inceste comme fondement universel de la civilisation : Dorothée Dussy pose l'inceste comme caractéristique proprement et fondamentalement humaine en vue de l'inculcation des dominations aux enfants. Il s'agit là d'une théorie de portée aussi générale que celle de l'anthropologie classique, qui en inverse cependant les conclusions.
Une telle ambition se relève également à travers une table peu soucieuse de l'architecture d'une démonstration, mais qui aspire à donner une perspective quasi exhaustive des différentes facettes du phénomène, entre les points de vue des incestés, des incesteurs, des familles, de la société – en particulier du droit – et des « spécialistes ».
L'enquête se déploie principalement par l'usage d'un corpus d'entretiens avec des incesteurs incarcérés ayant accepté de participer à des entretiens répétés ; les fragments des verbatims sont abondamment utilisés, ainsi que des diagrammes des structures familiales de ces personnes (pp. 222-240) qui indiquent les répétitions transgénérationnelles des événements incestueux. Ce matériau conserve une grande originalité, même lorsque se multiplient les témoignages des incestés.
Néanmoins, par un choix explicite de la chercheuse, le style de cet ouvrage s'abstient de l'académisme et verse au contraire dans le « familier », comme si était ainsi rendu le cadre intime de l'univers dans lequel se trament ces crimes. Le texte en gagne en lisibilité pour le lectorat peu habitué à fréquenter les ouvrages universitaires, mais cela provoque en contrepartie une faible distinction stylistique entre les citations et le corps du texte, sauf dans les arguments les plus proprement théoriques, de même que des glissements « émotionnels » comme celui d'avoir nommé l'un des interviewés « Le Diable »... Lorsque le sujet se prête en soi à de tels glissements, j'opine que le savant doit s'astreindre à une vigilance redoublée afin de maintenir un ton scientifique.



Table [avec appel des cit.]

Préface inédite [par Charlotte Pudlowski]
Introduction

I. La prévalence des situations d'inceste et d'abus sexuel précoce :

Chronologie et amélioration des enquêtes statistiques d'ASM (abus sexuel sur mineur)
Compter à vue d’œil [cit. 1]

II. Les incesteurs :

La littérature scientifique concernant les auteurs d'abus sexuels sur les enfants
Les femmes auteures d'abus sexuels
Les jeunes : jeux ou abus sexuels [cit. 2]
Caractéristiques des situations impliquant de jeunes incesteurs
Les raisons de l'agression sexuelle commise par un jeune
Les hommes incesteurs
La critique féministe de l'approche psycho-médicale
Et "eux", que disent-ils ? Situation de l'enquête

III. Dans le monde de l'incesteur :

Être déstabilisé
La définition du viol [cit. 3]
L'éthique de l'incesteur [cit. 4]
Pulsion sexuelle [cit. 5]
Variations sur le thème de l'interdit
Faire du mal mais le faire quand même
Le frère incesteur

IV. Le système inceste :

Quelques notions de pédagogie [cit. 6]
Le silence [cit. 7]
La dimension du plaisir
La question de l'ambivalence
Manifester son opposition aux abus sexuels
L'arrêt des abus sexuels
L'argent

V. L'histoire des abus sexuels dans la famille :

L'incesteur incesté
Recenser les incestes dans la famille
Répétition des mêmes configurations d'inceste
Le parent modèle, jeux d'identification
Produire un "effet de savoir"
Les morts prématurées

VI. Circulation de la parole et du silence sur l'inceste :

Tenir la longue durée du silence
Peur de mourir d'avoir à dire : le syndrome Jean Moulin
De l'impensé de l'inceste à sa révélation : le rôle de l'annonciateur
Des annonces manquées
Muter le bon père de famille à incesteur
Nouveaux regards sur soi et les positions de chacun [cit. 8]
Piqûres de rappel
L'omnipotence du silence
Rester un type bien

VII. L'incesteur et la société :

L'inceste et le droit
Administration de la preuve
La confusion des langues
"C'est quand même son père !"
Outreau ou la propagande anti-enfants
L'incesteur, le pédophile, le monstre ?
Le mythe du pointeur

Conclusion [citt. 9, 10]



Cit. :


1. « En acceptant l'idée que sont directement impliquées dans les situations incestueuses toutes les personnes habituées à l'aveuglement et au silence sur les abus sexuels, imprégnées de la contradiction des actes (la pratique de l'inceste) et des discours (l'interdit de l'inceste), et collaborant au système, ne serait-ce qu'en ne le dénonçant pas, il faut ajouter au comptage des victimes d'inceste, leur incesteur […], mais aussi leurs frères et leurs sœurs, éventuellement le/la conjoint.e de l'incesteur (la mère) et tous ceux qui vivent, ou qui ont vécu dans le foyer de l'incesteur ou de l'incesté. » (p. 64)

2. « Si la différence d'âge entre les protagonistes est une condition nécessaire pour qu'advienne un "jeu sexuel" dans la fratrie, c'est bien parce que la différence d'âge amène avec elle une asymétrie des positions et un rapport d'autorité. Les seuls "jeux sexuels" qui existent dans la fratrie relèvent en réalité exclusivement de l'exercice d'une domination des aînés sur leurs cadets, sur lesquels ceux-là ont une autorité à laquelle il n'est pas aisé de se soustraire. Il suffit à chacun de regarder en arrière pour se rappeler l'autorité, la capacité de fascination et le surcroît de force physique que confère à un frère ou à cousin le fait d'avoir un, deux ou trois ans de plus que soi quand on est un enfant, sans parler d'une différence d'âge plus importante.
De fait, si les prétendus "jeux sexuels" entre frères et sœurs ne débutent jamais à l'instigation du plus jeune, c'est précisément parce qu'ils ne sont pas des jeux mais des abus sexuels. Le concept de jeu sexuel entre frères et sœurs est un mythe. » (pp. 79-80)

3. « L'incesteur a du cœur et des valeurs, il respecte notamment la loi qui condamne sévèrement le viol, a fortiori le viol d'un enfant, ou de son enfant. Le système judiciaire et la loi qui font de lui un violeur se méprennent sur ses intentions et le lourd malentendu qui lui vaut de très longues peines de prison repose essentiellement sur une définition non partagée du viol et de l'agression sexuelle. […]
La loi définit le viol à partir du non-consentement d'au moins un des partenaires à la relation sexuelle. L'incesteur définit le viol à partir de l'état d'esprit qui prédispose à son passage à l'acte. Il cherche du plaisir sexuel et, en homme autonome, va le chercher là où il peut le trouver, là où c'est facile, pas cher, et sans nécessité d'opérations de séduction dont le résultat n'est en outre jamais assuré. L'incesteur se sert ; il n'est pas forcément un violeur et n'a pas l'intention de violer, au sens de violenter, d'exercer une violence.
L'incesté, en retour, crie rarement (voire jamais), ne se plaint pas (en tout cas pas explicitement), ne s'oppose pas à la relation sexuelle. L'incesté est obéissant, comme la plupart des enfants, il est assez rapidement habitué à la relation sexuelle et les éventuelles marques d'opposition ou de refus disparaissent avec la répétition des rapports. Belote : rien ne manifeste l'absence de consentement des incestés à l'inceste. Rebelote : en conséquence de quoi l'incesteur ne sait pas qu'il viole. […]
Les incesteurs sont confrontés à des situations qui nous mettraient tous en difficulté, sinon en échec. Dans la vie quotidienne, il n'est pas rare du tout de faire du mal à ceux qu'on aime, et de ne pas s'en rendre compte. […] On ne mesure pas (parfois oui, mais parfois non) que ce qu'on croit être bien ne l'est pas. » (pp. 113-114)

4. « Dans l'idée de l'incesteur, avoir des relations sexuelles avec une fille pubère est moralement moins condamnable, même s'il s'agit de sa propre fille. La nubilité octroierait à la fillette un devoir de disponibilité sexuelle pour tout partenaire qui ressentirait le besoin de la prendre. Le point de vue de la fillette est totalement absent du discours candide du père […] Si un rapport sexuel avec une fille de 15 ans paraît à l'incesteur et au législateur moins de la pédophilie, moins de l'inceste, moins de l'abus de mineur, et donc moins condamnable, c'est d'un point de vue masculiniste, c'est-à-dire libéral s'agissant de l'appropriation du corps des femmes. Du point de vue de la fille, et surtout du point de vue de la fille violée, il n'est pas plus acceptable d'être violée à 16 ans qu'à 13.
La loi et le droit soutiennent l'incesteur dans son besoin d'intérioriser qu'il n'est pas un violeur via une palette d'outils de différentes natures. Les délais de prescription qui empêchent l'incesté de porter plainte passé un certain délai, l'âge de la majorité sexuelle qui conditionne la qualification de viol, et la possibilité de plaider la maladie, donc l'irresponsabilité. » (pp. 122-123)

5. « La fameuse théorie des pulsions, définies comme d'irrépressibles envies sexuelles à l'origine des viols – théorie qui ne résiste à aucune démonstration empirique puisque, au contraire, tous les violeurs prennent soin de ne pas se faire pincer – vient troubler la réflexion que les incesteurs peuvent avoir sur eux-mêmes et sur les gestes qui les ont condamnés. Conçue par des spécialistes de la santé mentale et largement mobilisée lors des procès d'assises pour inceste ou lors des commissions d'évaluation de suivi d'incarcération, la théorie des pulsions prive l'incesteur de ses propres éléments de justification. À charge pour l'incesteur, ensuite, d'admettre que les professionnels de la santé et de la justice savent mieux que lui ce qu'il a dans la tête, de plier ses souvenirs pour qu'ils correspondent aux cases prévues par les spécialistes, qui sont également ceux qui autoriseront sa remise en liberté, et tant pis si l'incesteur s'embourbe dans ses pensées. » (p. 128)

6. « Il ne faut pas prendre à la légère la difficulté, pour les membres de la famille, de réaliser qu'un des leurs inceste un ou plusieurs enfants. Les membres de la famille, et pas seulement l'incesté, sont habitués à ne pas penser à l'inceste, à ne pas le voir, à ne pas en parler. Force est de constater que la légitimité de l'incesteur, alliée à l'aveuglement sur l'inceste (induit pat l'interdit de l'inceste), est plus puissante que l'amour que l'on porte à ses nièces et même à son enfant et qui supposerait qu'on le protège des abus sexuels.
[…]
Le système silence, avec l'interdit de l'inceste en rouage clé est suffisamment performatif pour protéger la pratique de l'inceste contre toute obstruction éventuelle. La logique des raisonnements prend le relais du silence sur les pratiques incestueuses. Par exemple, puisque personne ne s'est opposé à l'inceste alors que tous les proches de la familles étaient au courant, le neveu de ThC […] a intériorisé que l'inceste était autorisé et, à son tour, il a pris pour objet sexuel un enfant plus jeune et plus vulnérable que lui. » (pp. 172-173)

7. « Une jeune femme que j'ai connue pleurait chaque fois qu'elle repensait au moment où elle avait prévenu sa mère de l'inceste paternel. Petite fille, elle avait l'habitude […] d'aller rejoindre ses parents au réveil pour un câlin matinal (comme beaucoup d'enfants). La mère se levait pour préparer le petit déjeuner et, quand tout était prêt, appelait le père et la fillette restés au chaud à se raconter des histoires. Un jour, vers l'âge de 8 ans, la fillette avait dit à sa mère : "Je veux préparer le petit déjeuner avec toi", et la mère lui avait répondu : "Mais qui va raconter des histoires à papa si tu te lèves ?" Vingt-quatre ans plus tard, la jeune femme considérait toujours que, par cette phrase, sa mère lui avait intimé l'ordre de continuer de subir les gestes sexuels paternels. La pratique de l'inceste est protégée par l'absence de mots pour le décrire. Dire l'inceste sans mots adaptés pour le faire ne constitue pas une brèche dans le système silence. En revanche, ces vaines tentatives de l'enfant pour se soustraire aux abus sexuels, pour s'y opposer, ou pour les nommer, cela lui apprend l'inutilité de la révolte. L'enfant apprend la résignation. » (p. 182)

8. « Les incestés discutent maintenant [après la révélation de l'inceste] de leur histoire familiale sous l'angle de la responsabilité et des positions respectives des uns et des autres vis-à-vis de l'inceste. Ils déconstruisent l'ordre incestueux et tentent de lui en superposer un autre. Ils ne s'intéressent guère à la "pathologie psychique" de l'agresseur et ne se réfèrent nullement à une quelconque sauvagerie de sa part. Ils ne s'approprient pas le discours des spécialistes de la santé mentale sur les agresseurs incestueux et savent, pour l'avoir fréquenté toute leur vie, que leur incesteur n'est pas un psychopathe mais une personne bien intégrée dans la vie. Les incestés font de l'inceste une pratique sociale.
Personne ne veut ni ne peut casser d'un coup l'ordre familial et la représentation que l'on en a. Pour vivre, même les fous ont besoin d'être en cohérence avec eux-mêmes. Les incestés n'échappent pas à cette nécessité qui résulte, comme l'écrit Michael Pollak, "d'un travail de négociation et de compromis", lequel, doit-on ajouter, n'exclut pas l'opacité et la contradiction. Se représenter son père, son frère ou son grand-père comme un violeur produit un conflit intérieur difficilement négociable. » (p. 319)

9. « Lévi-Strauss a beau jeu de se détourner des critiques d'abstractionnisme et de formalisme qui lui ont été faites en expliquant qu'il ne s'est pas intéressé à ce que les gens faisaient, mais à ce qu'ils affirmaient devoir être fait. Il a choisi, dit-il, d'étudier ce qui se passe dans l'esprit des gens qui expriment la bonne manière de se conduire sans nécessairement observer fidèlement leurs principes. C'est ainsi que la théorie de Lévi-Strauss a constitué une véritable aubaine pour tous ceux qui sont empêtrés dans la contradiction des pratiques et des règles, c'est-à-dire tout le monde : des plus ou moins violés aux plus ou moins violeurs. De ceux qui tirent plus ou moins de bénéfice à reconduire un dispositif de domination, à ceux dont la subjectivité est écrasée depuis le berceau et qui cèdent aux désirs des autres par intériorisation de leur écrasement. La théorie de l'interdit de l'inceste a permis de normaliser l'enfer intérieur de chacun. » (pp. 384-385)

10. [excipit] : « Les animaux tuent et parfois mangent leurs petits, les battent et les maltraitent, couramment. Les humains, en revanche, ne tuent pas leurs enfants (cela arrive mais c'est assez marginal) et c'est peut-être dans cette césure historique d'avec les autres espèces qu'il faut chercher le sens de la pratique de l'inceste. Comme les humains sont plus intelligents que les autres animaux, ils ont dû comprendre, mais nul ne sait quand, que tuer ou trop affaiblir physiquement les petits n'était pas un bon calcul pour le groupe. S'ensuivent diminution des forces de travail, appauvrissement du groupe, dispersion des individus trop affectés physiquement mais psychologiquement capables d'aller s'établir ailleurs.
Mais en ôtant le meurtre des enfants du champ des outils pédagogiques à disposition, les hommes se sont privés d'un outil majeur de la palette du bon écraseur. Qu'ils ont dû remplacer par la sexualité imposée aux enfants, ingénieuse trouvaille qui a accru considérablement les capacités de domination des uns et de soumission des autres.
L'état des connaissances en sciences permet donc d'établir que les humains n'ont pas le monopole de l'interdit de l'inceste, ni celui du langage, ni de l'humour, de l'organisation sociale, de la fabrication et de l'usage d'outils, de la sexualité pratiquée indépendamment des nécessités de la reproduction, ou encore du matraquage des petits dans les familles. Au bout du compte, il n'y a pas d'autre spécificité humaine que le raffinement et la sophistication dans ce que nous faisons, y compris dans les méthodes d'inculcation des dominations. »

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