Lu en anglais
Sous-titre : Don’t look for a match. Light one.
Tragique malentendu que le choix de ce que je croyais être un essai et qui correspond bien davantage à un billet d’humeur ultra-délayé, et à des tentatives aussi artificielles que maladroites de confiner au manuel de développement personnel (Old Thought (...) / New Though (...) à grand renfort de phrases à l’impératif et de présent de vérité générale. Et ces répétitions, ces hors-sujets… à vous donner le mal de mer ! Si je n’avais pas le sentiment qu’avoir commandé ce livre en anglais sur la foi de sa citation dans un podcast de bonne tenue, m’oblige à le « rentabiliser » au moins pour le bien de ma pratique de l’anglais écrit, je l’aurais abandonné. Inédit en France… je ne vais plus m’en étonner. Vérification faite, c’est effectivement un livre publié à compte d’auteur·ice.
Le propos est essentiellement, car elle y revient à tout propos, d’engager les célibataires femmes à cesser de culpabiliser d’être célibataires. Elle rappelle de manière un peu superficielle en quoi c’est un conditionnement ou plutôt dans quelles circonstances cette injonction à culpabiliser et à agir pour ne plus l’être, s’exerce.
Rien de « révolutionnaire » du tout dans cet « essai » dépourvu de toute référence autre que le doigt mouillé et sa propre expérience, voire celle de copines, sinon que son caractère récent permet d’évoquer les réseaux sociaux, les applications de rencontre, aspects que je n’avais pas pu trouver dans les magazines féminins qu’il m’arrivait de lire il y a une grosse trentaine d’années.
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J’écris cette note sous forme de journal de lecture, car je n’ai plus le temps de lire et mes séances sont tellement espacées que j’oublie à trois mois d’intervalle ce que j’ai lu… La langue anglaise n’aide pas trop. J'essaierai de supprimer après coup les redites.
Avertissement : Inclusivity – Safety – Respect.
Je suis frappée de lire les précautions et sentinelles sous lesquelles l’autrice place son propos : quand elle par des femmes, cela vient du fait qu’elle est une cisgenre hétérosexuelle mais que chacun peut s’inclure sous le terme qu’il désire dans les schémas qu’elle va rapporter, qu’elle n’a pas l’intention de prendre en compte les cas d’abus et de viols dans les dating en question et enfin prévient que son style est abrupt mais exempt de jugement… Je suppose que tout cela était nécessaire mais est-ce qu’on n’est pas toujours attaqué malgré cela, si j’en crois la foire d’empoigne inutile que sont les réseaux sociaux, par exemple, où tous les modalisateurs et contextualisations d’un premier article sont allègrement ignorés pour faire dire à son auteur ce qu’il n’a jamais prétendu ?
L’introduction et le chapitre I (« The Wrongness ») font doublon : il s’agit de nous convaincre qu’il ne faut pas culpabiliser d’être célibataire, cela n’a rien d’une tare. C’est interminable.
Chapitre II (« More or Less »): il est plus intéressant et je retrouve les bonnes feuilles (orales) du podcast que j’avais écouté sur ce thème et qui m’avaient engagée à acheter ce livre (inédit en français). L’autrice part de l’anecdote d’un gîte partagé avec deux couples où se trouvaient trois types de couchage : un lit matrimonial, deux lits jumeaux et deux lits superposés. Les deux couples s’étaient tacitement emparés des chambres avec les deux premiers types de couchage, étant précisé que la chambre avec les lits superposés faisait un peu débarras. Elle n’a pas protesté mais, constant que, partout, il est admis que les couples sont placés dans de meilleurs lieux et de meilleures conditions que les célibataires, elle a pris conscience que cette répartition n’avait rien de fortuit et constitue un jugement de valeur. Fun fact : le groupe obtient même parfois un tarif plus intéressant du fait qu’il fera dormir le ou la célibataire sur le clic-clac du salon, pendant que le couple, intimité sacrée oblige, aura sa chambre. Mais j’ai retrouvé le maniérisme du délayage, sans être encore sûre que c’est un remplissage cynique de reprendre le même concept en mode prêchi-prêcha (« non, vous ne valez pas moins qu’un couple ! » x 20) puis coaching (« soyez exigeant, ne laissez pas passer »), avec quelques propos rabaissants sur la cérémonie de mariage et le couple, pour faire contre-poids… Pour l’instant, je ne lis pas en diagonale, parce que j’attends, j’espère toujours qu’elle convoquera d’autres témoignages, voire des études, mais si tous les chapitres sont des exercices de style redondants et ruminants sur la simple base de son expérience, je m’y mettrai.
Chapitre III (« Single Is Not a Vengeful God ») : A mes yeux sans véritable intérêt. Mêle des actes propitiatoires hétéroclites et clichés sur ce que les célibataires frustrés, culpabilisés et inquiets feraient pour éviter que leur célibat se prolonge. L’intérêt est pour l’autrice est de pouvoir remettre une couche du mantra : n’ayez pas honte d’être célibataire.
Chapitre IV (« Paying for Maybes ») : suite et non fin des redites infinies. J’ai eu le soupçon (vérifié) que c’était une publication à compte d’autrice. Comme je suppose que
la tare le maniérisme pourra se retrouver dans tous les chapitres, je ne le ré-évoquerai que s’il est besoin de préciser honnêtement si j’ai fini mes chapitres ou pas et pourquoi.
Ici, il est question des sites de rencontres, des agences de rencontre (ça existe encore ?!), des applications de rencontre, des coachings en séduction. Les tarifs évoqués m’ont paru exorbitants, j’ignore si elle invente ou si c’est parce qu’ils correspondent à ceux de l’outre-Atlantique. Ce qui m’a agacée, c’est la tentative de « misogyniser » l’escroquerie de faire payer pour une rencontre potentielle au prix d’une rencontre parfaite à coup sûr. Il me semble avoir lu que les plus perdants sont les hommes sur les sites de rencontre, car les femmes, surtout dans les tranches d’âge les plus convoitées, mais même en général, sont bien moins nombreuses qu’eux. Elle a beau dire, tout ce qu’elle a déploré sur les sites, les app, etc. en précisant single woman, vaut vraiment pour single.
Chapitre V (« A Prologue Life ») : S’élève contre l’idée que le célibat soit des limbes.
Chapitre VI (« Why Are You Single? ») : Évidemment, c’est une idée toute faite, et une remarque qui proférée à tous ceux avec qui on se croit assez intime pour la faire : « Toujours célibataire (à votre âge) ? », avec le sous-titre qu’une vie d’adulte ne commence réellement qu’avec la mise en couple (logé, reproduit ensemble). En réalité, il suffirait aux vieilles filles de faire l’exercice suivant : vous voyez-vous actuellement mariée avec l’homme que vous « fréquentiez » à tel ou tel âge ?
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In my younger years, I remember being so sad any time I broke up with someone, only to eventually realize what a blessing all those breakups were. The amount of gratitude I have that I never married literally anyone I’ve ever dated is staggering. And if something like time can show me such value, why in the hell would I be angry at the length of time I’ve been single ? Why would I fear more time being single, if I can see all the good it’s given me ?
Ensuite, on repart vers quelques anecdotes, de plus en plus hors-sujet, sur la recherche pénible et infructueuse, de rendez-vous.
Chapitre VII (« It’s Not Your Job ») : Je pense que la citation ci-dessous en dit assez sur l’objet de tout le chapitre, dont elle est la première phrase :
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You don’t have to date if you don’t enjoy it.
Chapitre VIII (« Earning It ») : Une resucée de l’idée qu’il faut souffrir pour gagner la fin de son célibat en cumulant les rendez-vous galants, même si on n’aime pas ça.
Chapitre IX (« In Comparison ») : Toujours très délayée, l’idée qu’il ne faut pas se comparer aux couples qui donnent d’eux une image idéale, notamment sur les réseaux sociaux ou lors d’événements, qui ne correspond pas toujours à la réalité. Très original…
Chapitre X (« Scared Away ») : Portée minuscule, l’épée de Damoclès de ne pas faire fuir, la crainte du tue-l’amour… Selon l’autrice, il faut au contraire rester naturelle et faire fuir qui n’est pas destiné à rester. Marcher sur des œufs de manière à être compatible avec absolument tout le monde serait un mauvais calcul : «
Attracting the wrong people is what scares me (...) ».
Chapitre XI (« Shani’s Singlehood Suggestions ») : Dans ce fatras d’évidences, qui oublie de creuser un filigrane de lecture féministe, seuls certains conseils me paraissent utiles : économiser et planifier. La tendance à se vivre comme en attente d’un canot de sauvetage masculin de certaines les empêche de se construire un radeau (la métaphore est de moi, désolée) et donc de s’arracher à ce qui est peut-être une illusion stéril(isant)e. Suivent des considérations sur la nécessité d’avoir une communauté, des groupes d’amis, prétendant que c’est plus facile de se faire des amis que des amants. Pour moi, c’est un cliché sans fondement. Et toute la liste des hobbies pour se développer (
Coping Skills).
Malgré ma résolution affirmée ci-dessus de boire le calice jusqu’à la lie au nom de l’amortissement de mon achat et de mes
skills en anglais, c'est au nom de mon temps précieux que je renonce (provisoirement ?) à lire :
• Chapitre XII :
Window-Shoppers
• Chapitre XIII :
Delete Your Dating Apps (elle n’en a pas déjà parlé?)
• Chapitre XIV :
The S Word (idem)
• Chapitre XV :
New Year’s Eve (laissez-moi deviner… Seize pages pour se conditionner à ne pas trouver déprimant de n’embrasser personne sur la bouche pendant les douze coups de minuit et d’apprécier quand même cette soirée ?)
• Chapitre XVI :
You Will Not Be Single Forever (quel dommage, finalement ! Ou c’est une antiphrase : elle veut nous mettre en garde contre un mirage?)
• Chapitre XVII :
Free
• Remerciements.
Citation :
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I remember going on a great date once. I hard awesome banter with this guy, we got along really well, and it was simply a nice night out. Something happened the next day that reminded me of something we’d both found funny during the date. I texted to tell him about it. He was annoyed that my text had woken him up (it was eleven o’clock in the morning), and I never heard from him again. (… )
He was scared away, and I’m happy about it. (…) The right people for you will never be « scared away » by who you actually are. Authenticity in dating is undervalued.
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