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[La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea ...]
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apo



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Posté: Ven 11 Sep 2020 21:45
MessageSujet du message: [La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea ...]
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[La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea | Umberto Eco]

À l'issue de cette lecture très enrichissante, très engageante, où l'érudition d'une histoire intellectuelle remontant au Moyen-Âge se rattache à pensée contemporaine, je me pose une question – à laquelle hélas Eco n'est plus là pour répondre – : quelles frustrations, quelles insuffisances les esprits les plus brillants de huit siècles de culture européenne ont-ils bien pu éprouver à l'égard de leurs langues (naturelles) et/ou de leur aptitude à en apprendre d'autres le cas échéant, pour qu'ils aient ressenti le besoin d'en rechercher ou d'en créer une de leur cru, ambitionnant la perfection à leurs yeux, mais objectivement incomparablement moins performante que celles qu'ils pratiquaient ? La croyance biblique que la multiplicité des langues était une punition divine suite à la Tour de Babel (Genèse 11) ? Même pas : Genèse 10, 5 donne de cette multiplicité une interprétation différente et non punitive. Un ressenti culpabilisant vis-à-vis du latin déclinant ou peut-être de l’hébreu insuffisamment maîtrisé ? Peut-être. Il me semble toutefois que la réponse se trouve ailleurs : même si Aristote semble avoir eu l'intuition de ce que Saussure appellera la nature arbitraire (donc conventionnelle) du signe linguistique, il a fallu huit siècles à la pensée européenne pour se départir de l'idée fantaisiste contenue dans le Cratyle de Platon que le mot comporterait une relation intrinsèque avec ce qu'il représente. La langue parfaite était donc soit la langue d'un Adam sommé de nommer tous les êtres vivants de la Création (Genèse 2, 19), soit une autre construction langagière jugée apte à restituer une telle relation intrinsèque entre signifiant et signifié, et enfin entre signe et pensée, fût-ce celle de l'intelligence artificielle... Histoire d'une utopie fondée sur une erreur conceptuelle, histoire d'échecs incessants parce qu'inévitables, des frustrations conséquentes, mais aussi histoire des « effets collatéraux » multiples et très fertiles pour toute la pensée – philosophique, logique, mathématique – occidentale, jusques et y compris l'invention par Leibniz de la numérotation binaire qui constitue la base de l'informatique.

Table (brièvement commentée) :
Chap. 1 : « D'Adam à la confusio linguarum », avec l'ambiguïté biblique et « un modèle sémiotique de langue naturelle »
Chap. 2 : « La pansémiotique kabbalistique », tradition combinatoire cosmique et « langue mère »
Chap. 3 : « La langue parfaite de Dante », Dante et la langue vulgaire illustre, sa grammaire universelle, Dante et Aboulafia
Chap. 4 : « L'Ars Magna de Raymond Lulle »
Chap. 5 : « L'hypothèse monogénétique et les langues mères » : à la Renaissance, le retour de l'hébreu, l'utopie universaliste de Postel ; puis la naissance et le développement des polygénétismes jusqu'au nationalisme ; enfin la dialectique entre les deux.
Chap. 6 : « Influences de la kabbale et de Lulle dans la culture moderne » : les langues parfaites sont des langues secrètes et leur combinatoire est aussi un système mnémotechnique. Giordano Bruno : combinatoire et mondes infinis.
Chap. 7 : « La langue parfaite des images » : le Hieroglyphica de Horapollon redécouvert et le nouvel engouement pour l'égyptologie par Athanase Kircher, qui a aussi une réflexion sur les idéogrammes chinois.
Chap. 8 : « La langue magique » de John Dee : encore sur la perfection et le secret.
Chap. 9 : « Les polygraphies » : premières tentatives de langues parfaites par l'organisation des contenus.
Chap. 10 : « Les langues philosophiques a priori » : Francis Bacon, Jan Comenius, Descartes et Mersenne, les « primitifs » et l'organisation des contenus.
Chap. 11 : « George Dalgarno ».
Chap. 12 : « John Wilkins » : les tables et la grammaire, le dictionnaire : synonymes, périphrases, métaphores, Wilkins précurseur de l'hypertexte.
Chap. 13 : « Francis Lodwick ».
Chap. 14 : « De Leibniz à l'Encyclopédie » : la « caractéristique » et le calcul, les « primitifs », l'alphabet de la pensée, la « pensée aveugle », le Yi-Jing et la numérotation binaire, la « bibliothèque » de Leibniz et l'Encyclopédie.
Chap. 15 : « Les langues philosophiques des Lumières à aujourd'hui » : des projets du XVIIIe s. à l'Intelligence Artificielle et aux messages envoyés dans l'espace : phantasmes de la langue parfaite.
Chap. 16 : « Les langues internationales auxiliaires » avec une attention particulière pour l'Espéranto, ses objections et contre-objections théoriques, ses possibilités et limites « politiques » et quant à sa capacité d'expression.
Chap. 17 : « Conclusions » : revalorisation de Babel, le problème de la traduction, et un excipit sur la lecture – extra-européenne et musulmane – d'Ibn Hazm (Xe-XIe s.) : la langue originaire contenait toutes les autres à venir.


Cit. :


1. « Ma possiamo veramente dire che con la nascita della scienza linguistica moderna il fantasma dell'ebraico come lingua santa scompaia ? Semplicemente si riconfigura come un Altro inquietante e diverso.
Si veda […] come si profili nel XIX secolo uno scambio di miti. Non più il mito della primalità di una lingua, ma quello della primalità di una cultura, o di una razza : contro l'immagine della civiltà e della lingua ebraica si erge il fantasma della civiltà e delle lingue di ceppo ariano.
Posta di fronte alla presenza (virtuale ma invadente) dell'indo-europeo, la cultura europea colloca l'ebraico in una prospettiva meta storica. » (p. 115)

2. « Quando si riconoscono dei rapporti organici tra una data lingua e un modo di pensare, questi rapporti pongono condizionamenti reciproci che non sono solo sincronici (rapporto tra lingua e il pensiero in una epoca data), ma anche diacronici (rapporto nel tempo di una data lingua con se stessa). Sia il modo di pensare che il modo di parlare sono il prodotto di una crescita storica. E a questo punto diventa fuorviante ricondurre i linguaggi umani a una pretesa matrice unitaria. » (p. 121)

3. « […] qui non si sta più pensando di cercare una lingua originaria scomparsa ma di creare una lingua nuova, artificiale, ispirata a principî filosofici, e capace di risolvere con mezzi razionali quello che le lingue sante di ogni genere, sempre cercate e mai completamente ritrovate, non erano in grado di provvedere. Abbiamo riscontrato in tutte le lingue sante e primordiali […] un eccesso di contenuto, mai completamente circoscrivibile, rispetto all'espressione. Ora invece si sta cercando una lingua scientifica (o filosofica) in cui si realizzi, per un atto inedito di "impositio nominum", un accordo totale tra espressione e contenuto.
[…]
Questa è una dichiarazione di guerra contro la tradizione, la promessa di una diversa terapia dei crampi del linguaggio, un primo manifesto di quella corrente scettico-analitica di stampo prettamente britannico che nel XX secolo farà dell'analisi linguistica uno strumento per la confutazione di molti concetti metafisici. » (p. 237)

4. « Del pari […] è erede dei progetti di lingue filosofiche a priori quella corrente che deliberatamente si appella a un "linguaggio del pensiero". Questo "mentalese" rispecchierebbe la struttura della mente, sarebbe un calcolo puramente formale e sintattico (non dissimile dal pensiero cieco di leibniziana memoria), userebbe simboli non ambigui e sarebbe fondato su primitivi innati, comuni a tutta la specie (ma viene dedotto tuttavia in termini di "folk psychology", fatalmente all'interno di una cultura data).
Su un altro versante, ma in qualche modo eredi lontani della nostra vicenda, altri cercano di fondare la lingua della mente non su astrazioni di tipo platonico ma sulle strutture neuro-fisiologiche (il linguaggio della mente è anche il linguaggio del cervello, ovvero è un software che si fonda su un hardware).
[…]
Malgrado le differenze siano spesso più importanti delle identità o delle analogie, non sarebbe forse inutile che anche gli studiosi più avanzati nel campo delle scienze cognitive di oggi rivisitassero ogni tanto i loro antenati. […] Rileggere quanto hanno fatto i nostri antenati non è mero divertimento archeologico, bensì precauzione immunologica. » (pp. 338-339)

5. « [Sur l'intuition de Walter Benjamin qu'il existe un rapport entre le problème traductologique et la langue parfaite]
A una lingua parametro che deve avere qualche caratteristica delle lingue a priori ricorrono […] certamente noti studiosi di traduzione meccanica. Ci deve essere un "tertium comparationis" che permette di passare dall'espressione di una lingua A a quella di una lingua B decidendo che entrambe risultano equivalenti a una espressione metalinguistica C. Ma se questo "tertium" ci fosse, sarebbe la lingua perfetta, e se non c'è rimane un semplice postulato dell'attività del tradurre. » (p. 372)

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le_regent



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Posté: Sam 12 Sep 2020 15:28
MessageSujet du message:
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Tout à fait d'accord pour Aristote. J'ai découvert ça un peu avant l'été.
_________________
Le critique est, en général, plus flatté du défaut qu'il relève seul dans un ouvrage que des beautés qu'il y admire avec tout le monde.
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Re: [La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea
Auteur    Message
Swann




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Messages: 2340


Posté: Dim 13 Sep 2020 9:34
MessageSujet du message: Re: [La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea
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« apo » a écrit:
il a fallu huit siècles à la pensée européenne pour se départir de l'idée fantaisiste contenue dans le Cratyle de Platon que le mot comporterait une relation intrinsèque avec ce qu'il représente.

Au cas où la théorie nous séduirait, il suffit de voir que les linguistes d'aujourd'hui maîtrisent assez le sujet pour dire (avec un regret mêlé de scandale, en ce qui me concerne) que Platon fait des étymologies pour le moins... "fantaisistes", effectivement.


Citation:
3. « […] qui non si sta più pensando di cercare una lingua originaria scomparsa ma di creare una lingua nuova, artificiale, ispirata a principî filosofici, e capace di risolvere con mezzi razionali quello che le lingue sante di ogni genere, sempre cercate e mai completamente ritrovate, non erano in grado di provvedere. Abbiamo riscontrato in tutte le lingue sante e primordiali […] un eccesso di contenuto, mai completamente circoscrivibile, rispetto all'espressione. Ora invece si sta cercando una lingua scientifica (o filosofica) in cui si realizzi, per un atto inedito di "impositio nominum", un accordo totale tra espressione e contenuto.

Comme je suis dans ces questions-là actuellement, j'aimerais une précision de ta part : Eco fait-il allusion par exemple à l'enrichissement accéléré d'une langue française, via les Grands Rhétoriqueurs ? Ou s'agit-il d'une sorte d'esperanto de jadis dont je n'aurais pas entendu parler ?
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Re: [La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea
Auteur    Message
apo



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Posté: Lun 14 Sep 2020 11:28
MessageSujet du message: Re: [La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea
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« Swann » a écrit:
Eco fait-il allusion par exemple à l'enrichissement accéléré d'une langue française, via les Grands Rhétoriqueurs ? Ou s'agit-il d'une sorte d'esperanto de jadis dont je n'aurais pas entendu parler ?


Bonjour l'amie,
En fait, ni l'un ni l'autre. A partir du XVIe s. mais beaucoup au XVIIe, certains philosophes surtout anglais s'attellent à inventer des "langues philosophiques a priori" (" a priori" = sans passer par les langues naturelles), considérant que les termes latins en usage sont trop connotés scolastique et donc ambigus. Ils commencent par rédiger des sortes de dictionnaires où chaque concept dit "primitif" est associé à un nombre ou à une lettre. Ensuite, selon la logique aristotélicienne, ils développent une sorte de taxonomie par catégories dérivées (ex: choses trascendentales vs. choses spéciales > Créateur vs. créatures > substances vs. accidents > qualité, vs. quantité, etc. etc.), qui aboutit visuellement sur de très nombreux tableaux ramifiés. Les notions ainsi identifiées peuvent se manipuler commes des nombres dans un système décimal (la position du chiffre valant catégorie), ou bien comme une suite de racines lexicales (voire de simples lettres) avec des suffixes (c'est selon les auteurs). Enfin la grammaire (en fait une sorte de syntaxe de mise en relation des concepts) est aussi réorganisée soit par des suffixes soit par des nombres (par ex. en alternant nombres latins, arabes, etc.). Les noms associés à ces "entreprises" sont: Bacon, Beck, Becher, Webster (le fameux lexicographe), Wilkins, Ward, George Dalgarno, Francis Lodwick et d'autres (je les cite dans le désordre).
Bonne semaine.
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Auteur    Message
Swann




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Posté: Ven 18 Sep 2020 10:49
MessageSujet du message:
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Embarassed Il me reste tant de choses à savoir !

Presque hors-sujet, une conférence à laquelle j'ai assisté il y a vingt ans et donc la problématique était : "Peut-on philosopher autrement qu'en français en Afrique aujourd'hui ?"
Je ne comprenais pas bien cette question, les références du conférencier étant des grecs antiques et allemands, même pas Descartes ou Deleuze, mais je suppose qu'il était tenu par cette idée d'une langue philosophique sous fond de colonisation... compliqué.
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Auteur    Message
apo



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Posté: Ven 18 Sep 2020 17:14
MessageSujet du message:
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Non, non, pas du tout hors-sujet !
D'ailleurs j'ajouterais à mon tour qu'il me semble que ce genre de "nationalisme linguistique" dont le livre parle en bref dans le ch. 5 a provoqué de nos jours une réaction inverse que je constate avec un peu d'énervement : le rejet généralisé de "l'hypothèse Sapir-Whorf", sous prétexte qu'elle impliquerait une hiérarchie des capacités communicatives des langues voire du racisme (hiérarchie des capacités cognitives des locuteurs des différentes langues)... Or s'il semble avéré que l'anthropologue Edward Sapir s'est trompé sur certains exemples (notamment les mots pour neige en esquimau), et que des radicalisations de la théorie peuvent se prêter à des interprétations hiérachisantes, je suis persuadé que le tort n'est pas de la théorie, mais de ses dérives, et pour ma part je suis convaincu que les langues dans leurs spécificités ont bel et bien un effet sur les représentations mentales du locuteur et sur sa manière de structurer son expression (sinon sa pensée). Et je ne vois en cela aucun jugement de valeur relatif. Qu'en penses-tu ?
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