Logo Agora

 AccueilAccueil   Votre bibliothèqueVotre bibliothèque   Ajouter un livreAjouter un livre   FAQFAQ   RechercherRechercher   ForumsForums   InscriptionInscription 
 MembresMembres   GroupesGroupes   ProfilProfil   Messages privésMessages privés   ConnexionConnexion 
    Répondre au sujet L'agora des livres Index du Forum » Littérature générale    
[Le Café du coin | Sait Faik Abasiyanik]
Auteur    Message
apo



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 23 Aoû 2007
Messages: 1293
Localisation: Ile-de-France
Âge: 45 Poissons


Posté: Mar 31 Oct 2017 20:54
MessageSujet du message: [Le Café du coin | Sait Faik Abasiyanik]
Répondre en citant

Presque toutes les nouvelles de ce recueil tardif de Sait Faik sont écrites à la première personne. Des sentiments équivoques les traversent : une infinie solitude et portant une empathie pénétrante avec les petites gens, les laissés-pour-compte, une dépression abyssale qui s'alterne, aussitôt, à une insondable joie de vivre (syndrome bipolaire?), une attention pour des circonstances et des objets banaux et cependant un refus du réalisme primaire (ce qui lui fut reproché, par ex. par Nazim Hikmet... mais non par quelques flics qui lui réclamèrent l'identité d'un certain personnage qu'ils ne surent concevoir comme un être fictionnel !), une certaine détestation des lieux de son quotidien et néanmoins un indéracinable attachement à ces mêmes paysages, une narration apparemment rêveuse, anecdotique, inconcluante, superficielle qui aboutit sur des chutes d'une étonnante, parfois dérangeante profondeur...

Beaucoup est expliqué par le bel et complet appendice biographique (pp. 167-187) signé Elif Deniz et Pierre Vincent. Ce qui reste peut-être insuffisamment illustré pour le lectorat non spécialiste, c'est que les auteurs de la génération Sait Faik, et lui-même en tout premier lieu, étaient en train de tout inventer : une nouvelle littérature avec une langue nouvelle – pas seulement un autre alphabet, d'abord une esthétique novatrice. Certains ont nommé et conceptualisé leur démarche, d'autres ont puisé à des modes et courants littéraires étrangers leurs contemporains. Sait Faik, dans les différentes phases de son écriture (sans doute trois?), a suivi au plus près, je pense, ses propres démons intérieurs et ses péripéties biographiques. Une telle empreinte si fortement personnelle ne pouvait que se répercuter, fatalement, sur la postérité. C'est peut-être aussi la raison qui rend son écriture si intemporelle, hors d'atteinte du vieillissement.

Cit. :

« L'alcool, l'amour, la maison, la famille, l'amitié, l'amusement, les affaires de ce monde, et même une idée... Il est des jours où toutes ces choses ressemblent à des ballons rouges, verts, jaunes, orange percés par une aiguille ou une cigarette allumée. Tout perd instantanément sa couleur, sa légèreté, sa joie. Peut-on échapper à ces moments-là ? Existe-t-il des gens dont les ballons ne sont jamais percés ? Selon les jours, je les envie ou je les méprise. » (p. 107)

----
[Recherchez la page de l'auteur de ce livre sur Wikipedia]
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé absent
Montrer les messages depuis:   
 
   Répondre au sujet  L'agora des livres Index du Forum » Littérature générale
Informations
Page 1 sur 1
 
Sauter vers:  
Powered by phpBB v2 © 2001, 2005 phpBB Group ¦ Theme : Creamy White ¦ Traduction : phpBB-fr.com (modifiée) ¦ Logo : Estelle Favre