[Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants | Mathias Enard]
Début du 16ème siècle… Depuis quelques années, Michelangelo travaille pour le pape Jules II, il doit édifier son tombeau. Cependant, suite à quelques différends, le sculpteur, déjà célèbre pour son David, quitte Rome pour Florence et attend que le pape l’implore de revenir. Or ce n’est pas un courrier papal qu’il reçoit mais une lettre du sultan Bayazid qui lui demande de venir construire un pont au-dessus de la Corne d’Or en Turquie. Michel Ange accepte, davantage pour défier le pape et pour réussir là où Léonard de Vinci a échoué, donc par vengeance et par orgueil, que par désir personnel. Finalement, sur place, il se laissera griser par le projet. Voici un bref roman (mais quel roman !) avec de très courts chapitres et une économie de mots tout au long du récit, un style, subtile, poétique au fort pouvoir d’évocation. Avant d’entamer son travail, Michel ange va s’imprégner de la ville ce qui donne lieu à de longues descriptions qui mettent nos sens en éveil ; les personnages eux sont esquissés en quelques traits, ce qui est suffisant. Un début donc assez contemplatif mais le rythme va s’accélérer par la suite et les événements se précipiter vers une chute pour le moins inattendue. Une Turquie résolument moderne, carrefour de civilisations et terre d’accueil, qui ne craint pas de faire appel aux «infidèles » pour ériger les symboles de l’Empire.
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