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Les notes de lectures recherchées

4 livres correspondent à cette oeuvre.

Il y a actuellement 2 notes de lecture correspondant à cette oeuvre (voir ci-dessous).

Notation moyenne de ce livre : (3 livres correspondant à cette oeuvre ont été notés)

Mots-clés associés à cette oeuvre : algerie, bretagne, guerre d'algerie, identite culturelle, identite sexuelle, immigration, mere, pere, racisme, reniement

Auteur    Message
andras



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 20 Sep 2005
Messages: 1705
Localisation: Ste Foy les Lyon (69) -- France

Posté: Mar 07 Nov 2017 11:56
MessageSujet du message:
Commentaires : 0 >>

J'ai beaucoup aimé ce premier livre de Nina Bouraoui qu'il m'est donné de lire. Dans la première partie du livre, Nina (abréviation de Yasmina) vit avec sa famille en Algérie, près d'Alger. On devine qu'elle a entre 12 et 15 ans. On est une dizaine d'années après l'indépendance de l'Algérie. Son père, Rachid, est algérien, il a fait de hautes études en France et travaille désormais pour le compte d'organismes internationaux ce qui l'amène à voyager très souvent. Nina vit donc le plus souvent avec sa mère, Maryvonne ou "Méré", bretonne (Rachid et Méré se sont connus à l'Université de Rennes), sa soeur qui a quelques années de plus qu'elle et sa grand-mère paternelle. Elle fréquente le lycée français et ne connait que quelques rudiments d'arabe. En dépit de cela et de sa difficulté à s'intégrer car perçue comme étrangère par les autochtones, elle éprouve un amour viscéral pour ce pays, pour ses paysages, la mer, les plongeons depuis un rocher sur la plage et pour Amine, son ami, qui symbolise à lui seul tout cela. Dans la deuxième partie du livre, l'auteur nous raconte des vacances en Bretagne chez ses grands-parents avec sa soeur et plusieurs cousins. Certes elle aime ces vacances, mais elle lui font aussi ressentir qu'une partie d'elle est en Algérie et qu'elle ne peut partager cela avec ses cousins français.

A cette thématique d'une identité culturelle déchirée entre les deux rives de la Méditerranée, se superpose pour Nina Bouraoui une recherche de son identité sexuelle. Avec Amine, elle joue à inverser les rôles : elle, qui a une carrure masculine, serait le garçon tandis qu'Amine endosserait un rôle féminin. Rien n'est aussi clair que cela. Beaucoup de choses sont seulement esquissées et l'auteur nous laisse combler les vides entre ses phrases sèches, ultra-courtes, qui sonnent comme des coups sur une enclume ou parfois comme des gifles en pleine figure.

J'ai eu peur après une cinquantaine de pages de me lasser de ce style violent, presque barbare, mais j'ai trouvé au fil des pages qu'il se mettait particulièrement bien au service de cette double déchirure dont ce livre veut rendre compte, pour éloigner toute tentation de pathos et pour nous faire sans doute mieux percevoir la révolte intérieure de l'auteur. Un livre très original qui je pense résonnera longtemps en moi.
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[Garçon manqué | Nina Bouraoui]
Auteur    Message
Swann



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 19 Juin 2006
Messages: 2114

Posté: Dim 09 Aoû 2009 12:59
MessageSujet du message: [Garçon manqué | Nina Bouraoui]
Commentaires : 0 >>

Le titre induit en erreur, la problématique n'est pas qu'une question d'identité sexuelle. Nina (Yasmina) dit que l'Algérie est un pays d'homme et s'y est sentie vivre comme plus jamais en rentrant en Bretagne, la région de sa mère, quand l'après-guerre rend encore plus difficile la vie d'un couple mixte, Française et Algérien.
C'est donc plutôt l'histoire du déchirement de la double identité, de la double culture (bien que Nina déteste le folklore, ce pré carré, terreau de tous les racismes). Le style est lapidaire, trop pour mon goût ; il m'est arrivé de me demander si l'auteur avec fait le pari avec ses potes que la moyenne de chacune de ses phrases serait cinq mots. Cela nuit à l'unité du panorama proposé : un peu comme si après vous avoir bombardé d'images flashes et de sons décousus pendant un quart d'heure on vous demandait : "A quel moment Nina est-elle rentrée en France ? Expliquez les sentiments exacts qui l'animent à l'égard de son pays ?" Impossible de répondre bien sûr. Ce n'est malgré tout pas si désagréable à lire et je suis allée au bout de la lecture, alors que j'en ai douté au début.
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