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Les notes de lectures recherchées

6 livres correspondent à cette oeuvre.

Il y a actuellement 3 notes de lecture correspondant à cette oeuvre (voir ci-dessous).

Notation moyenne de ce livre : (2 livres correspondant à cette oeuvre ont été notés)

Mots-clés associés à cette oeuvre : emigres, integration, noir, racisme, racisme ordinaire, stereotypes

[Je suis noir et je n'aime pas le manioc | Gaston Kelman]
Auteur    Message
le_regent



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 13 Oct 2011
Messages: 174
Localisation: sud du Cher

Posté: Sam 22 Nov 2014 23:04
MessageSujet du message: [Je suis noir et je n'aime pas le manioc | Gaston Kelman]
Commentaires : 2 >>

Je suis noir et je n'aime pas le manioc / Kelman Gaston. – Paris : Max Milo Editions, 2003, 182 p. – Coll. Mad. – ISBN 2-914388-54-3

Entre agacement, ironie, humour, souvent à partir d'anecdotes, d'histoires vécues, l'auteur dénonce ce qu'il désigne comme un racisme de stigmatisation et d'essentialisation. Il définit la stigmatisation comme le fait d'attribuer à une race des caractéristiques comportementales immuables, qui se transmettraient sans aucune place pour la société, son rôle dans l'éducation et la construction des identités (tout comme le chien aboie, l'âne braie et le cheval hennit, peu importe le pays où ces animaux vivent). Le mécanisme d'essentialisation convainc la victime qu'elle entre dans la catégorie que l'on a dressée pour elle. Gaston Kelman « voudrait que la fraternité recouvre la nouvelle France dont la diversité n'englobe plus seulement l'Auvergne, la Normandie ou la Corse, mais aussi le Négro-Africain, l'Indo-Tamoul ou l'Arabo-Berbère ».
Pour vous mettre en appétit, je vous livre une de ces histoires vécues que j'évoquais tout à l'heure : « Je suis allé un jour faire les formalités administratives à la sortie de mon fils qui avait été hospitalisé pour je ne sais plus quelle maladie infantile. La dame préposée au recueil des informations a relevé mon identité, puis elle m'a demandé ma profession. Je lui ai dit que j'étais urbaniste. Elle ignorait ce qu'était un urbaniste. C'était normal ; à voir sa petite tête, on comprenait que les Blancs n'auraient pas découvert le cerveau grâce à elle. Je prends tout le temps qu'il faut pour lui expliquer que j'étais cadre (j'ai prononcé le mot, je vous jure), directeur de l'Observatoire urbain. La dame a pianoté sur le clavier de son ordinateur, a tiré une fiche, l'a lue puis me l'a tendue. J'ai alors découvert que j'étais ouvrier spécialisé ».
Certaines prises de position de Gaston Kelman surprendront peut-être ou choqueront peut-être quelques lecteurs : « Parents, ne laissez plus les gamins de cinq ans traîner dans la rue. Ils ne sont surveillés par personne et deviennent la proie des requins et de la délinquance. Et vous, politiciens à courte vue et intellectuels prétentieux, arrêtez vos débats surréalistes de naïveté ou peut-être de perversité, qui parlent de la liberté des enfants quand un maire courageux et responsable préconise le couvre-feu à minuit pour les enfants de douze ans non-accompagnés. Est-ce que votre enfant de moins de douze ans se retrouverait dans la rue à minuit, sans être accompagné par un adulte ? Votre attitude prétendument libérale n'est-elle pas un refus manifeste d'assistance à enfant en danger, un racisme intellectuel et de gauche, absolument liberticide ? »
Je sais que mon obsession de la recherche du mot juste peut agacer. Mais je crains bien plus encore que ma recherche de la nuance et de l'exactitude dans la pensée ne soit ressentie comme un déni de la réalité (j'ai mesuré par moi-même à quel point le déni de ce que l'on vit peut être blessant). Ces précautions oratoires une fois prises, je rapporterais les faits examinés par l'auteur au phénomène des stéréotypes, des idées toutes faites relatives à la couleur de peau plutôt qu'à celui du racisme proprement dit. Les différences de couleur de peau ne sont malheureusement pas les seules différences à engendrer des stéréotypes : d'autres sont relatifs à la nationalité (pour une couleur de peau identique), au genre (masculin ou féminin), ou même à la corpulence (les gros ou les grosses sont censés manquer de volonté, avoir un appétit de jouissance plus grand que les maigres), et ces stéréotypes ne sont pas moins blessants pour ceux qui en sont victimes.
Personnellement, je réserverais le terme de racisme à l'opinion selon laquelle les êtres humains seraient divisés en « races » inégales. Il me semble en effet que certains manifestent de l'hostilité à la cohabitation avec des personnes d'origine étrangère sans pour autant les considérer comme inférieures. J'accepterais aussi l'argumentation de Véronique Genest selon laquelle « phobie » signifie « peur » et que l'on peut donc être « islamophobe » sans être ennemi de l'islam (ceci dit, à l'occasion d'un débat télévisé, elle et une autre femme que je ne connaissais pas m'ont paru plus hostiles qu'effrayées). Les langues sont suffisamment riches pour nous offrir la possibilité de nuancer autant que nous pouvons le souhaiter. J'ai déjà eu l'occasion de dire dans une autre note que, dépourvu de notoriété, je n'avais aucune chance de voir passer dans l'usage des néologismes de mon cru. Mais en l'occurence, la langue grecque nous permettrait de distinguer l'aversion envers qui est étranger (xénoapostrofie) ou envers qui est autre (alloapostrofie), l'hostilité envers qui est étranger (xénoechthrie) ou envers qui est autre (alloechthrie), la guerre à qui est étranger (xénopolémie) ou à qui est autre (allopolémie).
Mais comme on dit familièrement : « Moi, j'dis ça, j'dis rien ! »
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[Je suis noir et je n'aime pas le manioc | Gaston Kelman]
Auteur    Message
Astazie



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 14 Avr 2009
Messages: 391
Localisation: Normandie

Posté: Mar 13 Juil 2010 14:28
MessageSujet du message: [Je suis noir et je n'aime pas le manioc | Gaston Kelman]
Commentaires : 0 >>

"Je suis noir et je suis cadre, mais ne le dites pas à mon voisin, il me croit éboueur ». Gaston Kelman aborde ici la question du racisme sous un angle inhabituel.
"Le sport, la musique, le rythme sont des acquis socioculturels et non des éléments innés et naturels " (p.124).Pourtant, il n’existe pas de culture africaine .
En exposant quelques fondements d'un racisme ordinaire, en osant la caricature et l'humour, l'auteur provoque, déconcerte, exigeant de chacun une réflexion qui évite les apitoiements de surface.
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[Je suis noir et je n'aime pas le manioc | Gaston Kelman]
Auteur    Message
kalistina



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 29 Avr 2006
Messages: 620
Localisation: marseille

Posté: Dim 09 Juil 2006 1:14
MessageSujet du message: [Je suis noir et je n'aime pas le manioc | Gaston Kelman]
Commentaires : 2 >>

Point de vue humoristico-sociologique sur les Noirs aujourd'hui en France.
J'ai trouvé que Kelman disait des choses très justes et c'est tout à fait salutaire de se rappeler de ce dont il parle, ou alors d'en prendre conscience. Je mettrais quand même un bémol, il m'a semblé que lui aussi se laissait parfois aller à certaines généralités, ce qui est franchement malvenu dans un tel ouvrage ; le style lui non plus ne m'a pas emballée, mais bon, ce n'était pas pour ça que je le lisais. Bref, des choses très justes, mais une forme à mon goût déplaisante et ne servant pas tant que ça le fond.
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