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Les notes de lectures recherchées

6 livres correspondent à cette oeuvre.

Il y a actuellement 3 notes de lecture correspondant à cette oeuvre (voir ci-dessous).

Notation moyenne de ce livre : (3 livres correspondant à cette oeuvre ont été notés)

Mots-clés associés à cette oeuvre : 19e siecle, amour, angleterre, angleterre victorienne, artiste, cabaret, condition feminine, erotisme, homosexualite, lesbianisme, lesbienne, litterature victorienne, londres, music hall, roman historique, saphisme, separation, travesti, XIX eme siecle

[Caresser le velours | Sarah Waters]
Auteur    Message
apo



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 23 Aoû 2007
Messages: 1593
Localisation: Ile-de-France

Posté: Mer 10 Aoû 2016 17:29
MessageSujet du message: [Caresser le velours | Sarah Waters]
Commentaires : 0 >>

[Grand merci à l'amie Ingannmic, que je regrette de ne plus croiser ici]

Ce premier roman de l'auteure galloise Sarah Waters a joui d'une très grande popularité, au point d'être adapté en série télévisée au Royaume Uni. Il s'agit d'un excellent pastiche d'un roman sentimental victorien, dans lequel la narratrice, Nancy, évoque ses amours lesbiennes. De victorien il a la structure, la longueur dickensienne, évidemment la chute aussi, et le style regorgeant de descriptions de lieux, paysages urbains et intérieurs d'habitations, des modes de vie des nantis, de la petite bourgeoisie comme des classes populaires, d'habits et de parures ; de victorien il y a les dialogues, monologues et états d'âme des personnages féminins, sujets à d'innombrables rougissements et à quelques pâmoisons... Il y a aussi un clin d’œil explicite à Thomas Hardy et à son héroïne féministe Sue Bridehead (p. 510).
Nous découvrons, d'après le regard d'une jeune femme d'origine provinciale, le milieu du music-hall et des théâtres de variété londoniens, celui de la prostitution de rue et de la débauche de haut vol, enfin, dans une moindre (et à mon avis insuffisante) mesure, le milieu du militantisme syndicaliste, socialiste et suffragiste de la dernière décennie du XIXe siècle.
Ce qui est totalement moderne, par contre, c'est la manière dont est décrit l'érotisme homosexuel féminin : autant dans la crudité des scènes d'éros, que, surtout, par rapport à la variété de formes dont les personnages des amoureuses et amantes de la narratrice appréhendent et avouent leur lesbianisme, en fonction très largement de leur appartenance sociale mais aussi de leur caractère individuel. En effet, s'il ressort un sentiment de peur généralisée d'être une femme qui s'affiche ne serait-ce qu'en déambulant simplement dans le rues sans être accompagnée d'un homme, s'il sourd une atmosphère de répression et d'inhibition constante de la sexualité, il n'en apparaît pas moins que les comportements – y compris voire surtout dans la sphère sexuelle – sont surdéterminés par l'appartenance de classe, qui autorise tout excès et toute turpitude sous couvert de conventions sociales et de rapports de domination. On comprend que le « crime » d'Oscar Wilde ne fut pas sa sexualité, pas même de ne pas la cacher, mais de questionner intelligemment ces conventions et ces rapports. Caractérisés d'ailleurs par une domination identique, tout aussi violente chez les hommes que chez les femmes : de quoi faire réfléchir sur l'association entre domination et patriarcat...
Ou alors... : un autre point constant dans cette approche du lesbianisme « fin de siècle » qui va dans le même sens : être lesbienne passe presque invariablement, et de multiples façons, par le travestissement et autres formes de masculinisation des femmes. Le genre surdéterminé envahit entièrement la sexualité ainsi que l'ensemble des rapports humains et, naturellement, il est masculin.
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[Caresser le velours | Sarah Waters]
Auteur    Message
ingannmic



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 22 Aoû 2008
Messages: 737
Localisation: Mérignac

Posté: Mar 18 Aoû 2015 13:31
MessageSujet du message: [Caresser le velours | Sarah Waters]
Commentaires : 0 >>

Sarah Waters est une iconoclaste.
S'emparant du roman historique, et plus précisément du roman victorien, elle le revisite et le dépoussière à sa sauce, c'est-à-dire avec une bonne dose de stupre et de crudité...
... sans pour autant sacrifier l'élégance de sa plume !

"Caresser le velours" est le premier roman de l'auteure galloise, mais on y trouve déjà certains de ses thèmes de prédilection, récurrents dans son oeuvre : l'amour lesbien, la condition féminine et ouvrière dans la société anglaise de la fin du XIXème siècle, la rencontre entre jeunes filles naïves et séduisantes manipulatrices...

Nancy mène une vie simple et paisible dans un petit port du Kent, où elle travaille dans le restaurant familial, en tant qu'écaillère. Sa passion pour le music-hall la mène régulièrement sur les bancs de la salle de spectacle locale, où elle s'enthousiasme pour des artistes à la gloire plus ou moins éphémère. C'est là que sa vie bascule, le jour où elle assiste au numéro de Kitty Butler, qui, travestie en dandy, enchante les foules par sa jolie voix et son allure gracieuse.

Osant aborder l'objet de sa fascination, elle devient rapidement son amie, et finit par la suivre à Londres. Elle y sera son habilleuse. Plus que de l'amitié, c'est un véritable amour, et un intense désir sexuel, qu'elle éprouve pour Kitty. Mais doutant de sa réciprocité, elle le tait... du moins dans un premier temps.

Dans la capitale anglaise, Nancy fait l'apprentissage de l'amour et de la trahison, du succès et de la déchéance, vit quasiment plusieurs existences, qui la mènent des bas-fonds les plus sordides aux milieux grand-bourgeois, et vice-versa... Elle y rencontre des aristocrates perverses, des prostituées misérables, des militantes des droits civiques... Elle découvre et apprend à accepter son homosexualité, avec une sincérité touchante.

Au fil d'une action ininterrompue, mais que l'auteur prend son temps à dérouler -ceci dit, on ne s'ennuie jamais-, nous visitons ainsi en la compagnie de Nancy le Londres de Dickens, à ceci près qu'on y pénètre plus avant dans certaines alcôves, dans le secret de lits où le plaisir transcende la rigidité d'une morale puritaine et hypocrite, dans le recoin de portes cochères où se pratiquent d'inavouables commerces des corps.

Bien que l'on n'y ressente pas l'ambiance lourde et gothique dont Sarah Waters dotera certains de ses romans suivants, plus denses et plus complexes, ce premier titre est malgré tout l'occasion d'une lecture plaisante et singulière, et pose les jalons de ce qui fera la marque de son auteure.

BOOK'ING
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[CARESSER LE VELOURS | Sarah Waters]
Auteur    Message
lmousse



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 17 Jan 2007
Messages: 14
Localisation: Montréal

Posté: Mer 20 Juin 2007 2:13
MessageSujet du message: [CARESSER LE VELOURS | Sarah Waters]
Commentaires : 0 >>

Livre inspirant pour toute «gougnotte»! La belle histoire d'une jeune femme qui en aime d'autres, à une époque où on nommait déjà la chose, mais à peine. Un peu déluré, fantasque, mais assurément plein de rebondissements pourtant crédibles.
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