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Les notes de lectures recherchées

5 livres correspondent à cette oeuvre.

Il y a actuellement 3 notes de lecture correspondant à cette oeuvre (voir ci-dessous).

Notation moyenne de ce livre : (2 livres correspondant à cette oeuvre ont été notés)

Mots-clés associés à cette oeuvre : histoire, malte, religion, siege, xvieme siecle

[La religion | Willocks Tim]
Auteur    Message
onaris




Inscrit le: 28 Fév 2009
Messages: 1039
Localisation: Occitanie

Posté: Dim 06 Jan 2019 5:47
MessageSujet du message: [La religion | Willocks Tim]
Commentaires : 0 >>

Le siège de Malte en 1565 défendue par la Religion, les Chevaliers Hospitaliers, contre l'armée ottomane.
Au milieu des scènes de combats décrites sans concession de la résistance menée par les moines-soldats de La Valette, Mattias Tannhäuser, enlevé enfant pour devenir un janissaire avant de revenir dans le camp chrétien, cherchera à protéger ceux qu'il aime.
Profitant de sa parfaite connaissance des deux mondes qui s'affrontent, il s'infiltrera d'un camp à l'autre permettant au lecteur de partager les différents points de vue.
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[La Religion | Tim Willocks]
Auteur    Message
Franz



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 01 Déc 2006
Messages: 1494
Localisation: Nîmes

Posté: Mer 01 Oct 2014 9:05
MessageSujet du message: [La Religion | Tim Willocks]
Commentaires : 0 >>

Victime du devchirmé, le jeune Matthias, fils de forgeron, âgé d’une douzaine d’années, est enlevé par l’armée turque et part alimenter le corps des janissaires dans l’armée de Soliman le Magnifique. Eduqué, entraîné et nommé Ibrahim, Mattias recouvre son indépendance bien des années et des meurtres plus tard. Il prend le nom de Mattias Tannhauser et décide de se consacrer au négoce afin de s’enrichir durablement mais les routes marchandes au limes de l’Orient et de l’Occident attisent toutes les convoitises. Lassé du piratage des corsaires chrétiens et désireux de consolider son emprise sur la Méditerranée, le shah Soliman décide de lancer son invincible armée sur l’île de Malte tenue par les Hospitaliers. Les chevaliers de l’Ordre de Jérusalem sont sous le commandement de l’inflexible grand maître Jean Parisot de La Valette ; les 30 000 hommes de l’armée de Soliman et la flotte turque sont dirigés conjointement par Mustapha Pacha et par l’amiral Piyale Pacha. La Valette, connaissant la vie et la réputation de Tannhauser, est désireux de le faire venir à Malte afin de bénéficier de son expertise guerrière mais Mattias sait que le conflit est joué d’avance. La poignée de chevaliers, de mercenaires et de Maltais ne sauraient contenir la déferlante ottomane invaincue. Pourtant, l’Allemand va se laisser entraîner dans une boucherie infernale pour l’amour de deux femmes extraordinaires. L’une, Carla, de noble ascendance, recherche son fils bâtard sur Malte ; l’autre, Amparo, accompagnerait Carla en enfer et toutes les deux plus loin encore depuis qu’elles ont croisé Tannhauser. Faisant table rase du passé proche et misant sur un présent intense et un futur proche incertain, Tannhauser brûle ses entrepôts et part pour Malte accompagné de son ami Bors de Carlisle, redoutable géant bretteur ivre de gloire. Le siège commence et les morts s’élèvent en murailles liquéfiées et putrides. Contrairement à leurs prévisions prétentieuses, les Turcs ont à faire à un mur. La Religion est déterminée à en découdre jusqu’au dépècement ultime pour la plus grande gloire de Dieu. Les batailles se succèdent frénétiquement, aux noms d’Allah et du Baptiste, les canons et les sapeurs ruinant les forteresses, les feux grégeois incendiant les janissaires mais la résistance opiniâtre de l’île ne se relâche pas. Risquant sa vie pour une guerre qui ne le concerne pas, Mattias franchit les cercles de l’enfer pour les beaux yeux d’Amparo et l’amour rêvé de Carla mais il lui reste encore à passer un seuil ultime, à l’extrême limite de la folie et de la mort.
Roman d’aventure sur fond historique, La Religion est un bloc de 950 pages qui fond à grande vitesse dans les mains du lecteur à raison d’une centaine de pages par saccade quotidienne tant l’histoire se dévore sans frein. L’auteur sait dérouler un récit d’une grande fluidité où l’action est menée à son terme sans tergiversation. Les passages elliptiques sont bien posés. Le lecteur entre de plain-pied dans l’histoire dès le prologue. La capacité de l’auteur à décrire le parcours d’une lame dans un corps est surprenante et sidérante. La guerre est vue du côté du combattant, au plus près de l’action et des tourments intérieurs de chacun. Aucune noblesse ne se dégage d’une boucherie qui semble sans fin telle l’histoire des hommes. Le siège de Malte au XVIe siècle est déjà une guerre moderne, totale où la population maltaise est embringuée, hommes, femmes et enfants. Les canons, les tranchées, les mines souterraines, la contamination des puits d’eau potable, les morts pour l’exemple, le fanatisme, la haine exacerbée de l’autre, l’extermination de masse, tout est en place comme une répétition des guerres mondiales à venir. L’intérêt majeur du roman n’est pourtant pas là mais plutôt dans la question lancinante du bien et du mal et dans l’intensité des sentiments roulant au gré des situations paroxystiques amenant les personnages à se repositionner sans cesse, à s’adapter mentalement à l’impensable. En un clin d’œil, le bourreau intraitable devient une victime pitoyable. En ce sens, l’inquisiteur Fra Ludovico acquiert une présence et une dimension exceptionnelles. Contrairement à ce qui a pu être écrit à propos de ce livre, il n’y a pas de happy end possible, seulement des survivants hébétés.
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[La Religion | Tim Willocks, Benjamin Legrand]
Auteur    Message
ingannmic



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 22 Aoû 2008
Messages: 737
Localisation: Mérignac

Posté: Sam 17 Déc 2011 15:41
MessageSujet du message: [La Religion | Tim Willocks, Benjamin Legrand]
Commentaires : 2 >>

Je connaissais de Tim Willocks son génie pour instiller à ses récits une tension quasi insoutenable, sa capacité à nous imprégner d'atmosphères glauques.

Avec "La Religion", délaissant le genre auquel il nous a accoutumé (le roman noir), il nous livre une autre facette de son talent. A la fois fresque historique, roman d'aventures, épopée guerrière, ce récit nous entraîne sur l'île de Malte à la fin du XVIème siècle, où l'ordre des Hospitaliers et ses chevaliers se préparent à affronter l'armée ottomane du sultan Solimane le magnifique.
Le siège qui va suivre sera l'un des plus spectaculaires et des plus éprouvants de l'histoire.

Nous suivons dans ce contexte une galerie de personnages tels que Tim Willocks sait les peindre, dotés d'une force de caractère hors du commun, d'une présence presque tangible pour le lecteur.
Leurs personnalités rayonnantes, extraordinaires, peuvent certes sembler parfois peu crédibles, mais c'est aussi ce qui fait à mon sens une partie de la magie de "La Religion", dont les héros acquièrent ainsi une dimension presque mythique, et contribuent à accentuer le caractère épique de l'intrigue.

Mattias Tannhauser, personnage central du roman, est tout à fait représentatif de cette description.
Ce marchand d'armes, d'opium et d'épices, familier de la culture ottomane comme de l'européenne (d'origine saxonne, il a été recueilli par un capitaine turc suite au massacre de sa famille), peut se révéler tour à tour raffiné et sanguinaire, humaniste et mercenaire...
Il arrive sur l'île avec une double mission. Sollicité par les chevaliers de l'ordre de Malte qui pensent tirer profit de son expérience au sein de l'armée ottomane pour obtenir de précieux conseils stratégiques, il l'est aussi par la Comtesse Carla de Pénautier, qui l'a convaincu de l'aider à retrouver le fils illégitime qu'elle a été forcée d'abandonner douze ans auparavant.

Les personnages secondaires sont eux aussi très marquants, de Ludovico Ludovici, l'inquisiteur sans pitié torturé par l'amour qu'il ressent pour Carla, à Amparo, la jeune femme à l'étrange beauté dont le comportement de sauvageonne cache une intelligence et une intuition hors du commun.

Il y en a encore beaucoup d'autres, que je vous laisse le soin -et le plaisir- de découvrir.
Et vous aurez d'ailleurs le temps de bien apprendre à les connaître, car "La Religion" est un long récit, au cours duquel les journées paraissent parfois interminables d'horreur, de combats qui se répètent... un récit par conséquent en parfaite adéquation avec le contexte qu'il décrit, puisque le siège de l'île de Malte durera presque quatre mois (de mai à septembre 1565), sous une canicule implacable...

J'écrivais en préambule qu'avec ce roman, Tim Willocks démontre qu'il a plusieurs cordes à son arc. Ceci dit, on y retrouve en commun avec ses autres œuvres son écriture puissamment évocatrice, sa plume qui sait se faire lyrique même lorsqu'elle dépeint l'horreur... et qui fait de "La Religion" un récit foisonnant, passionnant, où la barbarie côtoie les plus belles manifestations d'amour ou d'amitié.


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