Ce cher docteur Watson essaie de faire le deuil de son ami, ce Sherlock Holmes mais rien n’est aussi élémentaire qu’il n’y paraît. Holmes est peut-être mort aux chutes de Reichenbach, le 4 mars 1891, en combattant son ennemi juré, le professeur Moriarty. Watson doit se rendre à l’évidence mais les apparences sont trompeuses. Il va donc rapidement être confronté à une série d’événements qui vont le contraindre à enquêter sur la mort présumée de son ami et par là même à fouiller dans le passé familial de Holmes dont le frère, Mycroft Holmes, semble plus qu’intrigant.
Le premier tome de la série pose habilement l’histoire en débutant par la disparition de Holmes. La lecture est aisée et agréable. Le dessin de Cécil est soigné, méticuleux et restitue parfaitement l’ambiance de l’époque victorienne dans la vieille Angleterre. Les cadrages sont parfois étonnants, habilement décentrés. La brume et la pluie ajoutent une pellicule qui englue un peu plus les personnages. Cécil sait remarquablement bien rendre les structures métalliques et les verrières, un peu moins les visages, bancals et les expressions, figées mais cela ne nuit en rien à l’ambiance générale qu’accentuent la monochromie nuancée en gris bleu et les jeux d’ombre très réussis.
Toutefois, je ne nourris aucune nostalgie pour les aventures d’Herlock Sholmes, détective austère, cérébral et hautain. Arsène Lupin a plus de panache et Maurice Leblanc davantage de verve. Lupin fleure bon la campagne cauchoise quand Holmes empeste le smog de sa bouffarde. C’est le si séduisant Cécil qui m’a charmé depuis l’époustouflante série inachevée, Le réseau Bombyce. J’attends sans plus y croire la clôture de la trilogie scénarisée par l’excellent Corbeyran.
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